Présentation

Lectures

Il faut appeler un clown un clown - Pierre Etaix - Edition Séguier, Paris 2002

Le bûcher des marionnettes
- Mathieu Braunstein - Edition l'oeil d'or, Paris 2006

Espaces
- Paolo Amaldi - Edition de la Villette, Paris 2007

Marcher, créer
. Thierry Davila - Edition du Regard, Paris 2002

Andy Warhol, ma philosophie de A à B
- Edition Flammarion, New York 1975

Notes sur la nature... la cabane et quelques autres choses
- Gilles A. Tiberghien - Edition du Félin, Paris 2005

Graine de Possibles
- Pierre Rabhi & Nicolas Hulot - Edition Livre de poche, Paris 2006

Bricoler - Art contemporain et apprentissages
- Edition la Vénerie, Bruxelles 2004

Penser la ville par l'art contemporain
- Arielle Masboungi - Edition de la Villette, Paris 2004

mes arbres

 

Images Aléatoires

"D'abord je récupère, j'extirpe des entrailles les carcasses disloquées
Je forge je rassemble je réchauffe
Je ranime la flamme la flamme!
La force du regard, la force du miroir!
Et le souffle revient dans le corps oublié"

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Sculpture de Jean Pierre Lartisien. Pochette réalisée à partir de l'interview de cet artiste par Luc Scheibling dans le cadre de Laisse ton empreinte.


L'association "Laisse ton empreinte" (Lille) a pour but de valoriser l'histoire de vie de personnes en difficulté par le biais de la chanson, du récit illustré ou du conte dans une démarche de “création partagée” basée sur le principe de la restitution/validation. Quelques 120 productions réalisées à ce jour ont permis de creuser des thématiques comme l'immigration, l'illettrisme, la violence.

87, bd Victor Hugo
59000 Lille
Tél. : 03.20.30.86.56
laissetonempreinte@club-internet.fr
http://lartisien.free.fr/

Exposition

Du 1er juillet au 1er septembre 07

La Vitrine
58, rue du Général de Gaulle
59110 La Madeleine (Lille)

  DEVERNISSAGE SAMEDI 25AOUT à 11h30

 

http://lavitrine.over-blog.com/ 

Briques (utilisées autrefois comme combustibles)

Illustration - tissus, fils, encres, boussoles

PAROLES D’HOMME : Réponse du Chef Seattle aux Délégués de la Maison Blanche qui, en 1854, proposait aux Sioux d’acheter leurs terres pour le compte des Etats-Unis.

Comment pouvez vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ? L’idée nous paraît étrange. Si nous ne possédons pas la fraîcheur de l’air et le miroitement de l’eau, comment est-ce que vous pouvez les acheter ?

Chaque parcelle de cette terre est sacrée pour mon peuple. Chaque aiguille de pin luisante, chaque rive sableuse, chaque lambeau de brume dans les bois sombres, chaque clairière et chaque bourdonnement d’insecte est sacré dans le souvenir et l’expérience de mon peuple. La sève qui coule dans les arbres transporte les souvenirs de l’homme rouge.

Les morts des hommes blancs oublient le pays de leur naissance lorsqu’ils vont se promener parmi les étoiles. Nos morts n’oublient jamais cette terre magnifique, car elle est la mère de l’homme rouge. Nous sommes une partie de la terre, et elle fait partie de nous. Les fleurs parfumées sont nos sœurs ; le cerf, le cheval, le grand aigle, ce sont nos frères. Les crêtes rocheuses, les sucs dans les prés, la chaleur du poney, et de l’homme – tous appartiennent à la même famille.

Aussi, lorsque le grand Chef de Washington envoie dire qu’il veut acheter notre terre, demande-t-il beaucoup de nous. Le Grand Chef envoie dire qu’il nous réservera un endroit de façon que nous puissions vivre confortablement entre nous. Il sera notre père et nous serons ses enfants. Nous considérons donc votre offre d’acheter notre terre. Mais ce ne sera pas facile. Car cette terre nous est sacrée.

Cette eau scintillante qui coule dans les ruisseaux et les rivières n’est pas seulement de l’eau mais le sang de nos ancêtres. Si nous vous vendons de la terre, vous devez vous rappeler qu’elle est sacrée et que chaque reflet irisé dans l’eau claire des lacs parle d’évènements et de souvenirs de la vie de mon peuple. Le murmure de l’eau est la voix du père de mon père.

Les rivières sont nos frères, elles étanchent notre soif. Les rivières portent nos canoës et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devez désormais vous rappeler, et l’enseigner à vos enfants, que les rivères sont nos frères et les vôtres, et vous devez désormais montrer pour nos rivières la tendresse que vous montreriez pour un frère.

Nous savons que l’homme blanc ne comprend pas nos mœurs. Une parcelle de terre ressemble pour lui à la suivante, car c’est un étranger qui arrive dans la nuit et prend à la terre ce dont il a besoin. La terre n’est pas son frère, mais son ennemi, et lorsqu’il l’a conquise, il va plus loin. Il abandonne la tombe de ses aïeux, et cela ne le tracasse pas. Il enlève la terre à ses enfants, et cela ne le tracasse pas. La tombe de ses aïeux et le patrimoine de ses enfants tombent dans l’oubli. Il traite sa mère, la terre, et son père, le ciel, comme des choses à acheter, piller, vendre comme les moutons ou les petites perles brillantes. Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui qu’un désert.

Je ne sais pas. Nos mœurs sont différentes des vôtres. La vue de vos villes fait mal aux yeux de l’homme rouge. Mais peut-être est-ce parce que l’homme rouge est un sauvage et ne comprend pas ?

Il n’y a pas d’endroit paisible dans las villes de l’homme blanc. Pas d’endroit pour entendre les feuilles se dérouler au printemps, ou le froissement des ailes d’un insecte. Mais peut-être est-ce parce que je suis un sauvage et ne comprend pas ?

Le vacarme semble seulement insulter les oreilles. Et quel intérêt y a-t’il à vivre si l’homme ne peut entendre le cri solitaire de l’engoulevent ou les palabres des grenouilles autour d’un étang la nuit ? Je suis un homme rouge et ne comprends pas.

L’indien préfère le son doux du vent s’élançant au-dessus de la face de l’étang, et l’odeur du vent lui même,   lavé par la pluie de midi, ou parfumé par le pin pignon.

L’air est précieux pour l’homme rouge, car toutes choses partagent le même souffle – la bête, l’arbre et l’homme, ils partagent tous le même souffle. L’homme blanc ne semble pas remarquer l’air qu’il respire. Comme un homme qui met plusieurs jours à expirer, il est insensible à la puanteur. Mais si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler que l’air nous est précieux, que l’air partage son esprit avec tout ce qu’il fait vivre. Le vent qui a donné à notre grand-père son premier souffle a aussi reçu son dernier soupir. Et si nous vous vendons notre terre, vous devez la garder à part et la tenir pour sacrée, comme un endroit où même l’homme blanc peut aller goûter le vent adouci par les fleurs des près.

 

 

 

 

 

Nous considérons donc votre offre d’acheter notre terre. Mais si nous décidons de l’accepter, j’y mettrai une condition : l’homme blanc devra traiter les bêtes de cette terre comme ses frères.

Je suis un sauvage et je ne connais pas d’autre façon de vivre. J’ai vu un millier de bisons pourrissant dans la prairie, abandonnés par l’homme blanc qui les avait abattus d’un train qui passait. Je suis un sauvag et je ne comprends pas comment un cheval de fer fumant peut être plus important que le bison que nous ne tuons que pour subsister.

Qu’est-ce que l’homme sans les bêtes ? Si toutes les bêtes disparaissent, l’homme mourrait d’une grande solitude de l’esprit. Car ce qui arrive aux bêtes, arrive bientôt à l’homme. Toutes choses se tiennent.

Vous devez apprendre à vos enfants que le sol qu’ils foulent est fait des cendres de nos aïeux. Pour qu’ils respectent la terre, dites à vos enfants qu’elle est enrichie par les vies de notre race. Enseignez à vos enfants ce que nous avons enseigné aux nôtres, que la terre est notre mère. Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de l’homme. Si les hommes crachent sur la terre, ils crachent sur eux-mêmes.

Nous savons au moins ceci : la terre n’appartient pas à l’homme ; l’homme appartient à la terre. Cela, nous le savons. Toutes choses se tiennent comme le sang qui unit une même famille. Toutes choses se tiennent.

Tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre. Ce n’est pas l’homme qui a tissé la trame de la vie : il en est seulement un fil. Tout ce qu’il fait à la trame, il le fait à lui-même.

Même l’homme blanc, dont le Dieu se promène et parle avec lui comme deux amis ensemble, ne peut être dispensé de la destinée commune. Après tout, nous sommes peut-être frères. Nous verrons bien. Il y a une chose que nous savons, et que l’homme blanc découvrira peut-être un jour, c’est que notre Dieu est le même Dieu. Il se peut que vous pensiez maintenant le posséder comme vous voulez posséder notre terre, mais vous ne pouvez pas. Il est le Dieu de l’homme et sa pitié est égale pour l’homme rouge et le blanc. Cette terre Lui est précieuse, et nuire à la terre, c’est accabler de mépris son créateur. Les blancs aussi disparaîtront ; peut-être plus tôt que toutes les autres tribus. Contaminez votre lit, et vous suffoquerez une nuit dans vos propres détritus.

Mais en mourant, vous brillerez avec éclat, ardents de la force du Dieu qui vous a amené jusqu’à cette terre et qui, pour quelque dessein particulier, vous a fait dominer cette terre et l’homme rouge. Cette destinée est un mystère pour nous, car nous ne comprenons pas lorsque les bisons sont tous massacrés, les chevaux sauvages domptés, les coins secrets de la forêt chargés du fumet de beaucoup d’hommes et la vue des collines en pleines fleurs ternie par les fils qui parlent, ce que peut encore être la vie, ce qu’elle peut signifier.

Où est le hallier ? Disparu. Où est l'aigle ? Disparu.

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